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Ecologie

Un nécessaire changement de cap ?

Depuis les années 70 environ, nous savons. Nous savons ce que nous rejetons dans l’atmosphère, et nous connaissons les impacts d’un effet de serre additionnel dû à nos activités anthropiques. Dans son récent ouvrage « Perdre la Terre – Une histoire de notre temps » [1], l’auteur Nathaniel Rich détaille comment, depuis 1979, certains scientifiques et hommes d’action se sont battus pour poser sur la table politique le problème des combustibles fossiles et notre lente descente vers un réchauffement planétaire peu viable…

Changer de trajectoire

Et pourtant, les vrais changements peinent toujours à voir le jour. Si une conscience générale écologique émerge depuis disons une dizaine d’années, aucun réel et global changement de trajectoire de nos sociétés n’est encore d’actualité.

Jusqu’à quand devrons-nous encore attendre avant de stopper notre course en avant ? Avant de freiner notre folle surconsommation des ressources planétaires ? Quels scénarios envisager pour notre avenir ?

La trajectoire climatique jusqu’en 2050 est déjà en grande partie écrite, alors que 2100 représente un inconnu radical où tout peut changer… Tout cela peut sembler bien loin, et pourtant, je suis quasiment sûre que chaque personne lisant cet article, connaitra l’année 2050 de son vivant. Nous vivrons, nous et nos enfants dans cet « après », dans cette période 2050-2100 décrite comme presque apocalyptique par bien des chercheurs.

Quels scénarios futurs ?

  • « Business as usual » : Continuons sur notre lancée… Celle pour laquelle nous avons cette croyance que toutes les ressources sont illimitées. Oui nous pourrons croître indéfiniment dans un monde sans limite ! Sauf que…non, notre planète est finie. Il s’agit de la situation où aucune politique de changement climatique n’est jugée nécessaire. C’est d’ailleurs le scénario pris comme référence dans de nombreux modèles, le « scénario du pire » [2].

Ces modèles, dont ceux du GIEC, montrent que ce scénario n’est pas viable et amène vers un réchauffement global catastrophique de + 3 à 5°C au-dessus des moyennes préindustrielles. Concrètement, c’est la courbe rouge sur le graphe ci-dessous du GIEC…

Pour aller plus loin : https://synscop15.ordecsys.com/base.php?code=35 et https://medium.com/enquetes-ecosophiques/le-paradoxe-des-sc%C3%A9narios-business-as-usual-8437d5c0621d

  • Le scénario de « décroissance » correspondrait plutôt à la courbe bleue du graphe : celle pour laquelle les températures mondiales finissent par se stabiliser.

Entre ces deux scénarios « extrêmes », le GIEC établit deux autres scénarios (appelés RCP pour Representative Concentration Pathways) intermédiaires.

La question que chacun devrait se poser, et plus encore nos dirigeants politiques c’est : dans quel monde voulons-nous vivre ? Un monde avec des températures et des évènements climatiques extrêmes, qui impliquera une décroissance forcée et la mise en place de régimes totalitaires… ou bien un monde que nous choisissons ? Tout cela se passe dès maintenant… 

Pour aller plus loin sur les imaginaires du futurs : Une vidéo de la série Next dans laquelle Arthur Keller nous explique quels sont les différents types d’imaginaires de l’avenir : https://youtu.be/kLzNPEjHHb8

Consommer moins, vivre mieux

Consomme et tais-toi

Si l’idée de consommer moins et de se tourner vers davantage de minimalisme effraie bien souvent, c’est surement dû à des « conditionnement mentaux » installés depuis l’enfance. Que ce soient nos dirigeants politiques ou tout un chacun, nous sommes tous programmés pour aller de l’avant, pour rechercher le progrès, le succès, le « toujours plus ». Que ce soit dans nos études, poussés par nos parents ou notre égo ou dans la vie de tous les jours avec la publicité omniprésente. Vantant une consommation bienfaisante, un bonheur à portée de main, les pubs nous disent simplement « consomme et tu te sentiras bien ». Mais si elles avaient tort ? Et si, le bonheur se trouvait dans les choses simples et qu’on ne peut acheter sur Amazon ?

« On est dans une course en avant qui n’a plus de sens. […] Il faudrait décroitre et se concentrer sur le qualitatif et arrêter d’être obsédés par le quantitatif. » Arthur Keller, consultant et conférencier sur les question d’énergie, de climat et de transition écologique.

Conférence [Les Grands Entretiens] « Demain dès aujourd’hui ? Demain l’effondrement ? » avec Arthur Keller, à retrouver sur YouTube : https://youtu.be/ylckbapDkE8

Se reconnecter à l’essentiel

En acceptant de moins consommer, en délaissant l’avion, en changeant notre frénétique volonté du « toujours plus », nous pouvons nous reconnecter à des choses nouvelles, essentielles, apaisantes. Nous pouvons par exemple apprendre à mieux nous alimenter, à nous tourner vers le local et des produits de saison. Nous pouvons réapprendre à prendre le temps et ainsi renouer avec notre « mini-moi », vous savez, votre petit vous qui aimait le dessin, chanter ou construire des cabanes dans les arbres !

L’augmentation des ressources matérielles n’amène pas le bonheur… Une étude américaine qui s’est intéressée à la question : « au fil du temps, est-ce que le bonheur augmente avec la richesse ? » le montre d’ailleurs très bien [3] :

Source : Myers, 2000

En se réappropriant le temps que nous perdons dans la frénésie du quotidien, un monde nouveau s’ouvre à nous ! Un monde riche de nouveaux récits qui pourront peut-être freiner la courbe du réchauffement climatique et nous assurera un futur plus enviable que ce qu’on nous prédit. A chacun d’entre nous d’en prendre conscience…

Sources :

[1] Perdre la Terre, une histoire de notre temps (2019), Nathaniel Rich, Editions du sous-sol.

[2] Comment construire le scénario référence ?, SynsCOP15 (en ligne). Disponible sur : https://synscop15.ordecsys.com/base.php?code=35

[3] The Funds, Friends, and Faith of Happy People (2000), David G. Myers. Disponible sur : https://oskarwolthoorn.com/wp-content/uploads/2019/12/Demographics-and-hapiness-in-the-world.pdf

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