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Littérature

Le Weekly Manga : Mars Red

Bienvenue dans ce weekly manga consacré à une pépite sortie en France au mois d’octobre : MARS RED, scénarisé par Bun-O Fujisawa et illustré par KarakaraKemuri. Pour rester dans le thème “vampire” cette semaine en littérature, l’équipe du Tote Bag a décidé de vous parler du manga MARS RED, qui est une adaptation d’une pièce de théâtre écrite et mise en scène par Bun-O Fujisawa. Un anime est par ailleurs sorti plus tôt cette année et est disponible sur la plateforme de streaming Wakanim.

Synopsis : 

Couverture du manga MARS RED, éditions Panini Manga, 2021

En pleine ère Taishô, le Japon fait face à de nombreux changements industriels mais également sociétaux, notamment en raison de l’influence grandissante de l’occident sur le pays. Importation de nouveaux savoir-faire, Première Guerre Mondiale ; le pays s’assure de plus en plus une place sur la scène internationale. Cependant, une nouvelle menace vient assombrir les projets d’un brillant futur pour la nation. Les vampires, espèce dangereuse mais autrefois rare, se multiplient à la suite d’un virus qui circule de plus en plus vite sur le territoire. 

C’est à cette occasion qu’est créée l’unité Code Zero, qui a pour but d’éradiquer la menace représentée par les vampires. Pourtant, cette unité spéciale présente une particularité non négligeable ; elle est composée de soldats de l’armée de terre japonaise ayant été infectés par le virus et transformés en vampires.

Avis :

Au lieu d’être confronté à des personnages qui subissent cette transformation mais qui la rendent attrayante pour le lecteur à travers une description d’aptitudes vampiriques enjolivées – comme c’est le cas dans Twilight avec un Edward dégoûté de lui-même mais quand même pas contre le fait de montrer à Bella qui sait courir plus vite que le TGV moyen – Mars Red prend pour protagoniste des personnages qui mettent en lumière les faiblesses de leur condition.

Le vampire n’est ici pas idéalisé, il est méprisé plus qu’il est craint et ses capacités physiques ne font pas de lui un adversaire totalement insurmontable bien au contraire. Car ces dernières sont acquises au prix d’une humanité perdue qui ronge tout particulièrement Shûtarô, vampire néophyte le plus puissant de l’unité Code Zero, qui ne peut se résoudre à boire du sang.

Shûtarô Kurusu, Extrait du manga MARS RED, éditions Panini Manga, 2021

Même si certains personnages et l’esthétique industrielle du manga participent à une forme de glamourisation de cet univers alternatif, les vampires de basse-classe eux, ne sont absolument pas glorifiés ; leur force est retranscrite à travers un rendu plastique bestial et horrifique, semblable à une infection virale. Présenté comme un virus qui se répand de plus en plus, le “vampirisme” ne transmet pas quelque chose de désirable comme cela pourrait être le cas dans beaucoup d’œuvres où la figure du vampire est exaltée et érotisée. Car telle une maladie, cette affliction les limite considérablement et leurs faiblesses sont à nouveau mises en lumière, notamment lorsque le soleil se lève et qu’il les réduit en cendres.

Il est donc très agréable de lire une œuvre mettant en scène des vampires sans les déifier. Loin d’être des divinités, des êtres supérieurs, ils sont avant tout perçus comme des pestiférés au sein d’une société au sein de laquelle ils n’ont plus leur place. Cependant, le fait de choisir des personnages atteints par ce virus mais tout à fait conscients de leur condition rend l’œuvre encore plus intéressante. Certains ont fait le choix d’intégrer l’unité Code Zero car ils veulent survivre tandis que d’autres semblent être rongés par une culpabilité que seule cette mission au sein de l’armée pourra apaiser.

Conclusion :

Ainsi, Mars Red est une splendide découverte et même si le vampire n’y est pas représenté de manière tout à fait conventionnelle, l’intrigue saura satisfaire les aficionados du genre tout comme les néophytes !

Lise Semeria

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