Catégories
Ecologie

Macérât huileux et phytothérapie

Les macérats huileux sont utilisés pour leurs bienfaits en phytothérapie qui est une médecine traditionnelle basée sur l’utilisation des propriétés pharmacologiques naturelles des molécules contenues dans les plantes.

Une macération est un terme générique relatif à un mode de préparation de plantes fraiches. Il s’agit de laisser macérer la plante dans un solvant (eau, huile, alcool,…). De plus,  les principes actifs des plantes se conservent très bien dans l’huile car ils sont liposolubles. Un macérat huileux s’utilise pour soigner en application cutanée en fonction des propriétés de l’huile végétale et de la plante choisis. 

« Aujourd’hui, il existe plusieurs profils de patients en demande de phytothérapie : ceux qui se tournent vers la phytothérapie afin d’être en accord avec un mode de vie global tourné vers le naturel, l’écologie et le bien-être, et ceux qui veulent trouver une alternative efficace à des troubles ou qui souhaitent réduire le recours aux médicaments allopathiques » Anne-Sophie LIMONIER [3]

Attention : Les plantes médicinales ne remplacent pas les médicaments de synthèse mais peuvent renforcer le terrain en complément d’un traitement classique. Il est préférable d’être conseillé par un phytothérapeute formé et certifié pour être sûr de ne pas prendre de plantes contre-indiquées ou inadaptées. 

Les étapes pour réaliser une macération dans l’huile végétale [1], [2] : 

Choisir une plante par rapport à ses propriétés thérapeutiques et à vos besoins

Avant de cueillir la plante s’assurer qu’il s’agit bien de celle que l’on souhaite. Pour cela, il est possible d’utiliser une application telle que PlantNet ou bien une flore avec des clés de détermination. 

Cueillir la partie d’intérêt (pétale, feuille, tige). Ne pas tout cueillir,  s’assurer de ne prendre qu’une petite partie des plantes pour en laisser une partie à la nature : après la cueillette, on ne doit pas se rendre compte de votre passage ! Cueillir la plante dans un lieu non pollué.

Laisser sécher quelques heures les parties prélevées. Pour cela, étaler les parties de la plante en évitant  qu’elles se superposent. Au bout de quelques heures, le niveau d’humidité aura baissé ce qui défavorise la prolifération de micro-organismes. 

Choisir un bocal en verre de taille adaptée (privilégier une petite taille pour éviter le gaspillage) puis le stériliser dans une casserole d’eau bouillante. 

Sécher le bocal avec un chiffon propre et disposer la plante à l’intérieur. Ajouter un peu de gros sel pour absorber l’humidité restante et défavoriser encore une fois l’apparition de micro-organismes. 

Recouvrir les plantes à hauteur avec une huile végétale issue de l’agriculture biologique et pressée à froid. Evidemment, privilégier une huile produite localement pour soutenir les producteurs locaux et savoir d’où l’huile que vous allez utiliser provient ! Evitez de prendre une huile comédogène en cas d’application cutanée sur le visage. 

Couvrir le bocal avec un torchon propre et  le sceller à l’aide d’un élastique. 

Laisser macérer au moins 3 semaines à la chaleur mais à l’abri de la lumière car les UV des rayons du soleil peuvent altérer les principes actifs des plantes.

Remuer délicatement le bocal plusieurs fois par semaine. 

A l’issue de la macération, filtrer et récupérer l’huile végétale comprenant les principes actifs de la plante.

Pour une conservation à long terme, il est possible d’ajouter un conservateur tel que la vitamine E à hauteur de 1 goutte pour 10mL de filtrat. 

A ce moment-là, mettre dans un bocal bien fermé, étiqueté, daté et conserver à l’abri du soleil. 

Avant d’utiliser le macérat, il est fortement conseillé de l’appliquer sur un petit bout de peau afin de vérifier si notre corps réagit bien

Zoom sur trois plantes communes : 

Pâquerette, plantain et pimprenelle sont des plantes très répandues en France avec des propriétés sous-estimées. Ces 3 plantes peuvent être préparées en macérat huileux avec de l’huile d’olive biologique ! Pour aller plus loin sur les propriétés médicales de ces plantes qui sont aussi parfois comestibles des ressources complémentaires sont disponibles. 

Premièrement, les pâquerettes (Bellis perennis) : Il est possible de cueillir les inflorescences (ensemble des fleurs) et les faire macérer pour obtenir une huile raffermissante et tonifiante pour la peau. 

Pour aller plus loin sur les propriétés de la pâquerette : 
Le chemin de la nature, 2020, disponible sur https://www.youtube.com/watch?v=WNYYOH–lYY Christophe BERNARD, 2018, disponible sur https://www.youtube.com/watch?v=NObI-IZ7IDQ

Ensuite les plantains majeurs (Plantago major) et plantains lancéolés (Plantago lanceolata) : les feuilles préparées en macérat huileux peuvent être utilisée en cas de piqûre (ortie, insecte,…) grâce à ses propriétés anti-histaminiques.  En cas d’allergie , consulter un professionnel de santé !

Pour aller plus loin sur le plantain : 
Christophe BERNARD, 2017, disponible sur https://www.youtube.com/watch?v=fpibm9InWOg Le chemin de la nature, 2019, disponible sur https://www.youtube.com/watch?v=vvGDcqkWROw

Enfin le macérat huileux des feuilles de pimprenelle (Sanguisorba minor) ont des vertus cicatrisantes et hémostatiques ! 

Pour aller plus loin sur les vertus des feuilles de pimprenelles :  Le chemin de la nature, 2019, disponible sur https://www.youtube.com/watch?v=rSAyQ27eO1c

Bibliographie : 

[1] Le chemin de la nature, Le macérat huileux : des plantes, de l’huile, et hop !,2020, disponible sur https://www.youtube.com/watch?v=r0b4q_KLwr0

[2] Blog Carnet Green, Huile/macérat huileux de carotte maison, disponible en ligne sur https://www.carnetgreen.fr/2017/08/huile-macerat-huileux-de-carotte-maison.html?m=1 (consulté le 16/05/2021)

[3] Anne-Sophie LIMONIER La Phytothérapie de demain : les plantes médicinales au cœur de la pharmacie, 2018,disponible sur https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-01840619/document 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *