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Take That : Du boys band au sérieux

Qu’est-ce qui arrive quand on regroupe un adolescent, un pianiste, un employé de banque, un garagiste et un décorateur (et accessoirement danseur la nuit) ? Si c’est les années 90 et qu’ils sont respectivement Robbie Williams, Gary Barlow, Mark Owen, Howard Donald et Jason Orange, vous obtenez le boys band ayant connu le plus de succès au Royaume-Uni : Take That ! Et c’est dire avec le nombre de groupes similaires de cette décennie : New Kids On The Block, Westlife, Boyzone, Backstreet Boys, Boyz II Men, *NSYNC …, la liste des boys bands est aussi longue que la carrière de Betty White (RIP). 

Le groupe est formé en 1990 par producteur britannique Nigel Martin-Smith qui voulait créer le New Kids On The Block britannique orienté vers les adolescents et parce qu’impressionné par le talent de Gary Barlow, ayant écrit ses chansons dès l’âge de 15 ans. Commençant par se produire dans des clubs gays, le groupe peine à trouver son audience. Avec des premiers succès limités de dance-pop comme « Do What You Like », « Promises » ou « Once You Tasted Love », toutes écrites par Barlow, le groupe se construit petit à petit une audience en se produisant partout où ils pouvaient. Sortant leur premier album Take That And Party en 1992, le succès est enfin assuré avec les covers « I Found Heaven », « Could It Be Magic » et la chanson de Gary Barlow qui lui a permis d’être engagé : « A Million Love Songs ».

Désireux d’être pris plus au sérieux comme auteur, Barlow compose le titre « Pray », le premier d’une longue lignée de numéro 1. Désormais des stars internationales, les cinq garçons expérimentent la joie d’être suivis partout par des jeunes filles, chantant des chansons à trois heures du matin à leur fenêtre ou les harcelant dès qu’ils sortaient … Le succès continue avec « Relight My Fire », une collaboration avec la chanteuse britannique Lulu, « Babe », « Everything Changes », « Sure », « Back For Good » et « Never Forget ». Mais avec ça arrivent la consommation de drogues et d’alcools, qui affecte surtout Robbie Williams. Les tensions arrivent aussi, Williams ayant le sentiment de ne pas être pris au sérieux par Barlow et Nigel-Smith. Il finit par être poussé hors du groupe pendant l’année 1995 avant le début de leur prochaine tournée.

Après trois ans de succès fulgurant, Take That annonce se séparer en 1996. Drame incommensurable pour leurs fans britanniques, le choc était tel que l’association caritative Samaritans (aidant les gens en détresse ou à risque de suicide) met en place une hotline pour consoler les fans bouleversés. Leur dernier single, une reprise de « How Deep Is Your Love » atteint la première place des charts et prouve malgré tout qu’à quatre, ils sont toujours capables d’avoir du succès. Gary Barlow et Mark Owen lancent leur carrière solo, avec toutefois moins de succès que Robbie Williams, pendant qu’Howard Donald recommence à faire le DJ et Jason Orange se lance comme acteur.

Après une bonne dizaine d’années de « Patience », le miracle se produit. A l’occasion d’un documentaire (Take That : For The Record à regarder !) commémorant dix ans de séparation du groupe, les membres se retrouvent pour des interviews. Ils décident de se reformer, sans Robbie Williams, toujours en froid avec eux, et s’embarquent dans une tournée de nostalgie et une compilation. Le Ultimate Tour vend toutes les places en 30 minutes, forçant le groupe à rajouter toujours plus de dates. Encouragé par la réaction, un nouvel album est annoncé et « Patience » sort le 13 novembre 2006, atteignant le sommet des charts britanniques en décembre tout comme l’album Beautiful World, qui lui commence en première place. Le single « Shine » confirme leur lancée, suivi par « Rule The World » l’année d’après. La tournée de soutien de l’album bat les records de la précédente : Take That est de retour ! mais cette fois avec un style plus pop rock que le kitsch des années 90.

Leur album suivant (The Circus, sorti en 2008) est aussi couronné de succès avec notamment le single « Greatest Day ». S’embarquant dans une autre tournée toujours aussi démesurée que les précédentes, le groupe continue d’impressionner. La tournée de The Circus porte bien son nom : un cirque entier se produit avec le groupe avec un éléphant géant.

2010 arrivant, le miracle se produit ; Gary Barlow et Robbie Williams se réconcilient et sortent un single « Shame » ensemble. Rejoignant le groupe la même année, le quintuor sort Progress, suivi de l’EP Progressed en 2011. Résolument plus électro, l’album marque une nouvelle étape dans la vie du groupe. La tournée vend 1,34 million de tickets en moins de 24h, battant les records de l’époque et continuant à impressionner. Cette fois, une figure géante traverse le stade avec le groupe pendant une chanson et se lève derrière eux pendant une autre. Le groupe joue (sans Williams) à la cérémonie de fermeture des Jeux Olympiques de 2012 à Londres. Plus populaire que jamais, Orange et Williams quittent le groupe avant l’enregistrement de III

Mais faisant preuve d’une résilience à la Fleetwood Mac, on aurait pu croire que c’était la fin du renouveau de Take That. Loin de là, leur nouvel album en trio a eu autant de succès que les précédents. Après III en 2014 et Wonderland en 2017, le groupe sort une compilation réimaginée, avec des remix de leurs titres intercalés de morceaux d’interviews. Certaines chansons sont aussi réenregistrées : le parallèle entre la version originale de Pray et la version d’Odyssey montre à quel point le groupe a fait du chemin, désormais loin de la production des boy band. Quoiqu’il en soit, on peut être sûr qu’ils n’ont pas dit leur dernier mot et qui sait, peut-être que Robbie Williams reviendra une deuxième fois !

 

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