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Disco inferno : une plongée dans les paillettes au cinéma

Si Saturday Night Fever est sans doute le plus célèbre du genre, de nombreux films s’imprègnent de la culture disco. Que l’on pense à l’introduction de Climax (2018, Gaspard Noé) portée par l’hypnotisant Supernature de Cerrone ou encore à Pride (2014, Matthew Warchus) avec le déhanché de Dominic West, le disco enflamme le cœur des cinéastes comme celui des spectateur.rice.s. 

Le disco est un genre musical apparu dans les années 1970. Destiné au public de discothèque, d’où le nom est tiré, le tempo est généralement rapide et propice à la danse. Le style s’est ensuite propagé à la mode et dans la culture populaire.

Voici un corpus, non exhaustif, de long-métrages qui font briller les boules à facettes au cinéma.

L’incontournable Saturday Night Fever (1978, John Badham) est le premier grand succès du genre. Tony Manero, interprété par un jeune John Travolta, échappe à son morne quotidien de banlieusard  à travers son amour de la danse. C’est un coming of age movie au scénario plus profond qu’il n’y paraît. Le film offre une réflexion sur les désillusions des adolescents entrant dans l’âge adulte. Il propose aussi une tentative de (re)-définition de la virilité et de la masculinité.

Tony Manero (John Travolta) roi de la piste dans ©Saturday Night Fever, 1978, John Badham

A sa suite, des films comme Car wash (1976, Michael Shultz) ou encore Thanks God it’s Friday (1978, Robert Klane) surfent sur le succès de Saturday Night Fever. Ils utilisent des stars de l’époque, comme Donna Summer, et des chansons devenues plus cultes que les films eux-mêmes.

Car wash prend place, comme son l’indique, dans une station de lavage de voitures. Le scénario ressemble à une pièce de théâtre où les personnages défilent les uns après les autres, incarnant les diverses facettes de la société américaine. 

Le film est porté par une bande son mi-disco, mi-funk dont une des chansons est directement interprétée par les Pointers Sisters lors d’un caméo. 

L’équipe de Car Wash au complet, ©Car Wash, 1976, Michael Shultz

Citons encore Can’t Stop the Music (1980, Nancy Walker), échec commercial qui retrace et réinvente la formation du groupe Village People.

Les concours de danse sont un motif récurrent et parfois central de l’intrigue, à l’instar de Saturday Night Fever ou Thank God it’s Friday.

Dans Roller Boogie (1979, Mark L. Lester) c’est un concours de danse sur patins à roulettes qui préoccupe les personnages. Ici aussi, les protagonistes se questionnent sur leur entrée dans l’âge adulte et sur les valeurs que leur ont inculquées leurs parents. 

Bobby (Jim Bray) fait tourner toutes les têtes dans ©Roller Boogie, 1979, Mark L. Lester

Sans surprise, les scènes d’acrobaties et de danses sur rollers sont nombreuses et les chorégraphies sont impressionnantes.  

Dans les films plus récents, plusieurs reviennent sur la période glorieuse des boîtes de nuit, cœur de la scène disco et domaine de la jet-set. 

Last days of the disco (1999, Whit Stillman) et Studio 54 (1999, Mark Christopher) prennent place autour de la mythique discothèque new-yorkaise Studio 54 où tout le gratin venait danser jusqu’au bout de la nuit. Ce lieu était célèbre pour ses excès: alcool, drogues en tout genre, orgies. Si le public était composé de célébrités en vogue (Mick et Bianca Jagger, Cher, Andy Warhol…), il y comptait aussi un certains nombres de “freaks”: comprendre de personnes en marge de la société (personnes âgées, homosexuel.le.s, personnes transgenres). Le critère primordial pour accéder au Graal de la piste de danse était d’avoir de l’allure et du style. Le Studio 54 s’est vu fermé par les autorités à cause de sacs de drogues et d’argent sale trouvés dans les sous-sols, ce qui résume l’ambiance que renfermait le lieu.

©Discopath, 2014, Renaud Gauthier, Marie-Claire Lalonde

Son pendant montréalais, le Lime Light, est illustré dans Funkytown (2011, Daniel Roby) qui secondait New-York en tant que capitale de la mode disco.

Probablement le film le plus déjanté de cette liste, Discopath (2014, Renaud Gauthier, Marie-Claire Lalonde) est un slasher qui pastiche avec brillo la période disco. Situé dans les années 1970 entre New-York et Montréal, Discopath narre la course-poursuite après un meurtrier qui ne peut s’empêcher de tuer lorsqu’il entend du disco… Attention aux âmes sensibles, le dancefloor pourrait devenir sanglant. Ce bel hommage à la période sait rire de lui-même par le grotesque de certains passages.

Finalement, ces long-métrages“disco” pourraient être classés en deux catégories. Les films produits durant la période disco qui dépeignent leur société à travers ce prisme culturel, et les films produits post-disco, nostalgiques de cette culture, souvent dans le but de rendre un hommage.

Ces long-métrages sont imprégnés d’un charme kitsch qui participe à leur aspect divertissant. Les tenues, les brushings à la Farrah Fawcett, les chorégraphies et parfois même les répliques, créent un vernis doré presque suranné.

Certains films en deviennent des plaisirs coupables dont on ne peut que se délecter, tout en balançant la tête au rythme des bandes sons.

 

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