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Andréa Boutin, mannequin haute couture : “Au début je pensais que je n’intéresserais personne”

La mannequin Andréa Boutin défilait pour la maison Ester Manas le 2 octobre à la Fashion Week de Paris.

©imaxtree

Elle porte une robe moulante fendue grise à paillettes, a les cheveux bruns plaqués par la laque et un sac rose pâle. Lorsqu’Andréa Boutin défile pour la première fois à la fashion week de Paris, le 2 octobre dernier, c’est pour présenter la collection “100% inclusive” de la maison Ester Manas. La mannequin de 29 ans figurait parmi les vingt-six égéries aux profils très divers qui foulaient le podium de la maison des métallos.

Le modèle et la créatrice se sont rencontrées il y a un an lors d’un débat organisé par Canal+ sur l’acceptation du corps des femmes, et ont tout de suite eu envie de travailler ensemble. “Les vêtements d’Ester s’adaptent à toutes les tailles, s’enthousiasme le modèle. Grâce aux propriétés élastiques des tissus et à la technique de la fronce, la coupe peut aussi bien aller à une taille 34 qu’à une taille 50 !”

Avant de parvenir à défiler pour la Fashion Week, le chemin du mannequinat peut être tortueux tant la compétition est rude. “Je n’ai pas eu beaucoup de remarques sur mon poids dans ma carrière, confie Andréa Boutin. Mais à des amies on a dit qu’elles étaient trop grosses, qu’elles n’avaient pas assez de personnalité”. Du haut de ses sept ans d’expérience dans le mannequinat, elle estime que son “fort caractère” lui a permis de passer entre les gouttes des remarques désobligeantes. 

Pendant l’enfance, en revanche, elle a souvent été moquée par les autres enfants. “J’étais ronde et pas à l’aise dans mon corps”. La collégienne parisienne trouve un refuge dans les cours de théâtre et entre au Conservatoire d’art dramatique dès l’âge de quatorze ans.

A vingt-deux ans, alors qu’elle faisait des photos pour alimenter son book, un photographe la remarque et lui recommande de s’essayer au mannequinat. “Au début je refusais d’y croire, je pensais qu’en raison de mon poids je n’intéressais personne dans ce milieu”. La rencontre avec l’agence Dominique basée à Bruxelles fera changer d’avis la nouvelle top modèle. Malgré des débuts timides dus “à la mentalité d’il y a sept ans, quand les agences ne cherchaient pas forcément de mannequin grande taille”, Andréa Boutin a depuis travaillé pour plusieurs marques en Europe comme Garnier, Yves Saint Laurent ou Darjeeling.

Aujourd’hui, celle qui avait commencé par fouler les planches tente de revenir à ses premières amours. “J’ai des projets qui se dessinent pour faire du cinéma”, sourit la comédienne, regrettant toutefois qu’on n’essaie de lui attribuer que des rôles clichés. “On veut toujours que j’interprète une fille mal dans sa peau alors qu’en réalité, je suis fière de mon corps !”

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